Parution : Les panthères de Timothée de Gaza dans l’encyclopédie zoologique de Constantin VII

Lundi, avril, 2012

Article paru en ligne dans la revue Rursus, n° 7 (2012), numéro thématique : L’encyclopédie zoologique de Constantin VII

L’article traite de la transmission de l’œuvre zoologique perdue de Timothée de Gaza (fin ve-début viesiècle après J.-C.) dont des passages ont été restitués dans la compilation byzantine d’histoire naturelle, le Sylloge Constantini daté du Xe siècle, et dont nous étudions les paragraphes 260-282. Ces extraits décrivent plusieurs sortes de panthères (pardalis, leopardos, panthêr) et la girafe (kamelopardalis), dans un contexte évoquant l’hybridation entre races différentes, produisant des animaux à la nature mixte. Il s’agit d’essayer de reconstituer les passages perdus de Timothée à propos de ces animaux, en s’appuyant également sur leur compilation par un auteur arabe du XIIe siècle, Marwazī, qui donne notamment pour la girafe des informations absentes dans la Syllogé et dans l’épitomé byzantin de Timothée rédigé au XIe siècle. À travers l’étude de ces différents extraits, l’article évoque la réception médiévale de l’hybridité supposée de certaines espèces exotiques et l’identification et la différenciation entre guépard, panthère et léopard dans le monde grec.

Référence : Buquet T., 2012, « Les panthères de Timothée de Gaza dans l’encyclopédie zoologique de Constantin VII », Rursus, 7, 2012. [En ligne] http://rursus.revues.org/971. DOI : 10.4000/rursus.971

English Abstract

Timotheus of Gaza’s panthers in the zoological encyclopaedia of Constantine VII)

This paper deals with the transmission of the lost zoological work of Timotheus of Gaza (end of the 5th century, beginning of the 6th century AD), of which some passages have been preserved in a zoological Byzantine compilation, the Sylloge Constantini, dating from the 10th century, and of which we study the paragraphs 260-282. These extracts describe several species of panthers (pardalis, leopardos, panther) and the giraffe (kamelopardalis), in a context of hybridization between different species, producing crossbreed mixture animals. This paper attempts to identify lost Timotheus’ excerpts, relying on their compilation by the Arabic author Marwazī (12th century), which gives, about the giraffe, further information missing in the Sylloge and in the Byzantine Timotheus’ epitome written in the 11th century. Throughout the study of these different extracts, the paper investigates the mediaeval reception of the presumed hybridity of some exotic species and the identification and the distinctness between cheetah, panther and leopard in the Greek world.

Parution : Le guépard médiéval, ou comment reconnaître un animal sans nom

Dimanche, décembre, 2011

Jacopo Ligozzi, Archer oriental avec un guépard (détail), vers 1575, Getty Museum, 91.GG.53

Jacopo Ligozzi, Archer oriental avec un guépard (détail), vers 1575, Getty Museum, 91.GG.53

Le guépard, utilisé comme auxiliaire de chasse dans les mondes irano-persans et arabes depuis des millénaires, et à ce titre bien connu et identifié dans ces aires culturelles, est longtemps resté en Occident un animal plus incertain, demeurant encore aujourd’hui difficile à repérer dans les sources médiévales. Son nom de “guépard” apparaissant en français seulement au 17e siècle, il ne semble pas posséder auparavant de nom en propre et porte le même zoonyme que la panthère: celui de “léopard”. De même, dans les images, il est parfois difficile de différencier les deux animaux. La présente contribution tente donc de faire le point sur ces confusions en donnant quelques éléments aidant à l’identification de cet animal sans nom dans les textes et les images. L’article apporte des indications relatives au contexte littéraire ou documentaire, principalement à la fin du Moyen Âge, où le guépard faisait partie des équipages de chasse princiers, notamment en Italie, aussi noble que le faucon, recherché comme un objet de luxe et de prestige exotique.

Référence :

Buquet, Thierry. « Le guépard médiéval, ou comment reconnaître un animal sans nom ». Reinardus. Yearbook of the International Reynard Society 23 (2011): 12-47. DOI : 10.1075/rein.23.02buq

Chasser lions et panthères en Syrie au Moyen Âge

Dimanche, juin, 2011

Lions (Manāfi‘ al-ḥayawān, Perse, Maragha, fin du XIIIe s., Pierpont Morgan Library)

Lions (Manāfi‘ al-ḥayawān, Perse, Maragha, fin du XIIIe s., Pierpont Morgan Library)

La grande faune sauvage, aujourd’hui disparue en Syrie, était présente au Moyen Âge dans la région : les fauves prédateurs tels que le lion (al-asad), la panthère (al-namir ou al-nimr) et le guépard (al-fahd) étaient encore relativement nombreux et à l’occasion décimaient les troupeaux et terrorisaient les populations. Lions et panthères étaient chassés selon diverses techniques, dont nous avons plusieurs témoignages dans les mémoires d’Ibn Munqiḏ (prince syrien mort à Damas en 1188) ou dans le traité de chasse d’Ibn Manglī (1371, compilation d’ouvrages cynégétiques plus anciens).

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La ménagerie du nom. Figures animales de Baybars

Vendredi, février, 2011

Tour sud-est du Crac des Chevaliers, datée de 669/1271. Photo C. Yovitchitch (Ifpo)

Tour sud-est du Crac des Chevaliers, datée de 669/1271. Photo C. Yovitchitch (Ifpo)

Le sultan Baybars (al-Malik al-Ẓāhir Rukn al-Dīn al-Ṣāliḥī al-Bunduqdārī), né vers 1233, régna comme sultan mamelouk sur l’Égypte et la Syrie de 1260 jusqu’à sa mort en 1277. Baybars était originaire du Qipchāq, au nord de la Mer noire. Dans la langue turque que l’on parlait dans cette région, Baybars signifie littéralement « prince tigre » : bay désignant le prince, bars le tigre. Cet animal est également nommé bar en mongol, bars en russe. En arabe et en persan, le tigre est désigné par babr (pl. bubūr). Bars semble apparenté au mot turc pars, la panthère. De nos jours, il existe encore de nombreuses confusions entre les grands fauves tachetés ou rayés. Peu après mon arrivée à Damas, j’achetai un cahier orné d’un magnifique tigre sur sa couverture. Le commerçant, que je questionnai sur le nom de l’animal, l’appela namr, mot désignant la panthère en arabe. Quand j’essayai de lui expliquer qu’il s’agissait plutôt d’un babr, il parut incrédule et s’obstina à le nommer namr. Au xiiie siècle, le turc bars désignait-il un tigre, une panthère ou un autre fauve tacheté ou rayé ? Difficile à dire, car il faut se méfier du lexique imprécis qui désignait les grands félins, plusieurs siècles avant l’apparition des classifications zoologiques modernes…

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